Appuie-mains stalles 87-88. Un homme âgé, à longue et forte barbe, l’air farouche, coiffé d'un mouchoir attaché sur le haut du front par un affiquet, ample et longue robe, manches bouffantes serrées sorts les aisselles et aux poignets, bourse à la ceinture. Il est à demi agenouillé et porte en bandoulière un écu chargé d'une orle perlée et d'une grosse tête grimaçante avec un anneau passé dans la bouche (5).

Appuie-mains stalles 89-90. Cette image était dénommée "Le peintre" en accord avec le texte de Durand ci dessous, jusqu'à ce qu'une visiteuse du site (mars 2009) nous propose "une marchande d'enseignes et de cierges".
Les enseignes représentant le chef de Saint Jean Baptiste, dont Amiens possède une relique, sont fixées sur la plaque verticale, et les cierges sont posés sur la tablette.
Notre correspondante relaie l'opinion de l'auteur Denis BRUNA qui parle de ce décor de stalle page 35 de "Enseignes de pèlerinage et enseignes profanes du musée de Cluny". (2) Il a repris ce thème dans "Saints et diables au chapeau, bijoux oubliés du Moyen Age" (3)

Il est bien évident, malgré le renom de Durand et antérieurement de Jourdain et Duval, que l'explication qui nous a été proposée a de grandes chances d'être la plus pertinente et c'est avec plaisir que nous dérogeons au texte de Durand rappelé ci dessous pour mémoire.

Texte de Durand. La poitrine un peu proéminente de celui-ci, sa robe sans ceinture ouverte en carré sur une espèce de fichu, l'ont fait prendre pour une femme à MM. Jourdain et Duval, qui l'ont intitulé : la brodeuse en bosse. Cependant sa coiffure composée d'un vaste capuchon par-dessus lequel est posé une espèce de toque ou de chapeau sans bords, paraît plutôt être celle d'un homme, et nous aimerions mieux y voir un peintre. Il a devant lui une table carrée, sur laquelle il appuie de la main gauche un tableau en forme de diptyque, cintré par le haut ; sur sa principale partie sont représentés sept médaillons circulaires, dans chacun desquels est une petite tête, et qu'il parait montrer de la main droite en souriant. Sur la table sont posés deux paquets d'objets longs et minces,. l'un lié par des cordons, l'autre défait. MM. Jourdain et Duval les ont pris pour des paquets de bobines, mais nous croirions plutôt que ce sont des pinceaux. On y voit aussi de petites touches de forme ronde, sans saillie, qui pourraient bien figurer des couleurs (1).

(5) Cf. stalles de la cathédrale d'Auch.
(1) Le visage est fruste.
(2) Bruna (Denis). - Enseignes de pèlerinage et enseignes profanes dans les collections du musée national du Moyen âge(Pilgrimage Insignia and Secular Insignia in the Collections at the National Museum of the Middle Ages). - Paris: RMN, 1996, 383 p.
(3) Seuil, Paris, 2007, p 46-47