Appuie-mains stalles 75-76. La « fillette  ». Une jolie personne, mais que la main des chanoines a, fort innocemment d'ailleurs, trop souvent caressée. Sa robe, d'une élégante simplicité, est extrêmement collante par devant, dégagée du cou, prenant exactement les formes, et munie de manches à amples et larges revers. Un manteau est jeté sur son épaule droite. Sa coiffure devait être fort singulière, mais l'usure l'a dénaturée au point qu'il est impossible de s'en rendre un compte exact : c'est une espèce de couronne, qui parait avoir été faite de feuillage et dont les deux côtés viennent se réunir en s'amincissant sur le haut de la tête, pour former une espèce de longue corne terminée par une aigrette ou un bouquet, avec un affiquet sur le front. De la main droite, elle soulève le couvercle d'un joli coffret cylindrique orné de cannelures torses, assez semblable aux boites à parfums que l'on voit entre les mains des saintes femmes dans les représentations du Sépulcre de la même époque. Elle regarde en souriant vers le personnage qui suit (1).

(1) Au moyen âge, les « fillettes » ou filles de joie étaient élevées à la hauteur d'une institution. Elles tiennent une très grande place dans les ordonnances de police de la ville d'Amiens.