MISÉRICORDES. - Les miséricordes des deux stalles hautes du côté sud, qui ont été supprimées au XVIII°, siècle, se rapportaient sans doute aux commencements de l'histoire d'Abraham, et dans celle qui porte le n° 2 de notre plan, nous trouvons cette histoire au moment où Abraham vient de tailler en pièces les rois conjurés qui avaient pris son frère Loth dans Sodome, et où Melchisedech, roi de Salem et prêtre du Très Haut, offre du pain et du vin en actions de grâces et bénit Abraham (4). Vers un autel à retable, couvert d'une nappe, tel qu'on en pouvait voir dans les églises de France au commencement du XVI° siècle, et sur lequel sont placés un pain et un riche calice, Melchisedech s'avance les mains jointes : il est imberbe, tonsuré, vêtu d'une longue robe fendue par devant, à larges manches et serrée à la taille par une courroie à laquelle pend une bourse. Une mitre épiscopale est posée à ses pieds (1), tandis que Dieu le Père, le globe crucifère dans la main et bénissant, apparaît dans le ciel. A droite et à gauche, deux personnages assistent à la cérémonie; d'un côté, un homme barbu, sans doute Abraham, occupé à faire taire un petit chien qui aboie, et de l'autre, un homme plus jeune, imberbe, Loth apparemment, vêtu d'une robe à longues manches fendues et joignant les mains d'un air recueilli.

(4) Gen.. XIV, 18-20.
(1) La liturgie catholique interdit de rester couvert en présence du Saint-Sacrement, dont le sacrifice de Melchisedech est le symbole.