Appuie-mains stalles 6-7. Ce personnage est un des mieux conservés, et aussi un des plus jolis et des plus typiques de la collection. Le visage protégé par les larges bords du chapeau a gardé son modelé presque aussi net que lorsqu'il est sorti de la main des sculpteurs, et Dieu sait s'il est finement et spirituellement traité. On y reconnaîtra sans peine un apothicaire. Les traits accentués, les rides profondes, qui sillonnent son visage et qui lui donne tant de caractère, en font un homme d'un certain âge il porte une robe traînante, dont les manches sont d'une extrême complication un rang de crevés aux épaules, deux torsades vers le coude et encore un rang de crevés au poignet, le tout allant en diminuant de l'épaule au poignet. De sa ceinture partent quatre longues basques arrondies par le bas et qui paraissent être faites de cuir ou d'étoffe raide et ornées d'un semis de gros pois. II pile dans un énorme mortier quelque « drogue laxatifve », mais ce travail il le fait machinalement, et son esprit est ailleurs : il écoute sans doute les misères de quelque cliente, et il cherche dans sa tête le meilleur remède à ses maux (2).

(2) Nous retrouverons un semblable sujet dans l'appuie-mains 69-70. - Cf. appuie-mains des stalles de la cath. de Rouen.