MISÉRICORDES. - 85. – Alors Joseph ayant placé Ephraïm à sa droite, c'est-à-dire à la gauche d'Israël, et Manassé à sa gauche, soit à la droite de son père, les approcha tous deux de Jacob, lequel étendant sa main droite, la mit sur la tête d'Ephraïm qui était le plus jeune, et sa gauche sur la tête de Manassé qui était l'aîné, changeant ainsi ses mains de place (4). L'artiste ne s'est pas occupé de la manière dont il avait commencé à représenter Jacob, en tâchant de se conformer a la vérité historique; mais, pour cette scène où tout le moyen âge a vu le symbole de la croix de Jésus-Christ et de la préférence future donnée aux Gentils sur les Juifs (5), il a suivi la tradition iconographique la plus habituelle. A l'extérieur d'un vaste édifice qui tient toute la largeur de la miséricorde, avec un arbre à chaque extrémité. Jacob n'est plus au lit, mais assis dans une chaire monumentale. Manassé, reconnaissable à sa plus grande taille, cheveux longs et lisses, longue robe à larges manches fendues, est à genoux à la droite du patriarche, à sa gauche, Ephraïm, beaucoup plus petit, est debout, pour avoir sa tête à la même hauteur que celle de son frère. II a les cheveux crépus, et est vêtu d'une saie, avec bourse pendue à la ceinture. Le patriarche les bénit en croisant les mains, de sorte que la droite est sur la tête d'Ephraïm, tandis que la gauche est sur celle de Manassé. Joseph debout contemple la scène.

(4) Gen., XLVIII, 13-20
(5) Voy. CAHIER ET MARTIN Les Vitraux de Bourges, .pp. 19-25.