MISÉRICORDES. - 81. – Joseph présenta ensuite son père et ses frères au pharaon, qui les fit établir dans la terre de Gessen, le pays le plus fertile de l'Egypte (5 ). A la porte d'un palais, le pharaon, le sceptre à la main, est assis dans un fauteuil en X à haut et riche dossier. Le vieux Jacob, tête découverte, fléchit le genou devant lui (6); il est accompagné de Joseph qui, debout, se découvre également. A droite et à gauche se tiennent deux personnages en costumes civils; peut-être des frères de Joseph ou des suivants du pharaon.

(5) Gen., XLVII, 7-10­
(6) MM. Jourdain et Duval ont pensé que par une interprétation littérale du "benedicens illi » de la Bible (Gen., XLVII, 7), l'artiste avait représenté Jacob bénissant le pharaon. Le geste du patriarche ne nous parait pas suffisamment caractérisé pour nous faire adopter cette explication. Il semble que si l'artiste avait voulu montrer clairement Jacob bénissant, il lui aurait fait lever davantage la main. Le geste qu'il fait est un geste que les artistes du moyen âge font faire souvent à un personnage qui parle à un autre avec déférence. Une autre raison nous parait péremptoire, c'est que c'est la main gauche qui fait le geste susdit.