MISÉRICORDES. - 77. – Les fils de Jacob (8) sont retournés vers Joseph ; leurs protestations n'ont pas été entendues, Benjamin restera comme esclave ; Juda s'est offert à sa place, car le vieux Jacob ne survivra pas à une telle douleur. On est à l'entrée du palais, dont les murailles crénelées forment comme précédemment le fond de la composition. Joseph est debout étendant la main gauche et posant la droite sur sa poitrine. Aux dernières paroles de Juda, au souvenir de son père, il ne peut plus retenir ses larmes et crie le fameux « Ego sum Joseph » qui retentit dans toute la maison du pharaon. Ses frères l'entendent d'un air terrifié : trois, dont Benjamin, sont tombés à genoux, les autres joignent les mains (9).

(8) Il n'y en a que sept, faute de place. II fallait avant tout éviter l'encombrement dans cette scène, afin de bien faire ressortir la figure de Joseph.
(9) Gen., XLIV, 14-34 ; XLV, 1-3. - C'est à tort, à notre avis, que M.M. Jourdain et Duval n'ont pas voulu voir dans cette scène l' « Ego sum Joseph » lui-même, mais seulement Joseph accusant ses frères de vol. Le geste que fait Joseph, en mettant sa main sur sa poitrine est tout à fait significatif. Quant à dire que les artistes auraient craint de rester au-dessous du pathétique, nous ne pouvons l'admettre; ils n'ont pas reculé devant d'autres scènes plus dramatiques et plus difficiles à traduire.