MISÉRICORDES. - 57 - Sur cette miséricorde, la seule dans son genre, sont sculptées les armes d'Adrien de Hénencourt, doyen du chapitre à l’époque, de la confection des stalles. L'écu est écartelé, aux 1 et 4 à trois maillets posés, 2 et 1, qui est de Hénencourt, aux 2 et 3 à deux bandes, qui est de Beauvoir, sur le tout à trois maillets posés 2 et 1, qui est de Mailly-Conty (3). Il est tenu par deus anges à demi agenouillés et aux ailes éployées. Il est probable que cette miséricorde a été changée de place lors de la suppression des stalles voisines de l'entrée du chœur au XVIII° siècle, car la place habituelle du doyen était la première après la, maîtresse stalle 1, à droite en entrant, par conséquent une de celles qui disparurent à cette époque.
Il convient de placer ici la description d'une miséricorde qui occupe aujourd'hui la stalle n° 87, et qui provient certainement d'une des deux stalles hautes de ce côté, supprimées au XVIII° siècle pour élargir la porte du chœur, car c'est sa vraie place dans l'histoire de Joseph. Elle ne peut représenter autre chose que Joseph distribuant le blé aux Égyptiens pendant les années. de disette (1). Devant un groupe de maisons figurant sans doute les greniers, Joseph vêtu comme ci-dessus, donne des ordres à un ouvrier qui mesure des grains dans un boisseau, en les égalisant avec un morceau de bois. Le boisseau est placé sur une espèce de plateau dans lequel tombe l'excédent. Un acheteur, la bourse pendue à la ceinture, s'approche en se découvrant devant Joseph, et entr'ouvre un sac pour y recevoir sa ration de blé. Un autre acheteur s'avance : il est pieds nus et vêtu d'un pourpoint festonné par le bas, ouvert en cœur sur la poitrine et laissant voir une espèce de chemise tailladée, il porte un sac vide sur son épaule.

(1) Gen., XLI, 54-57.