MISÉRICORDES. 56. – Non content de ces honneurs, et, après avoir changé le nom de Joseph contre un vocable égyptien signifiant « Sauveur du monde », Pharaon lui fit épouser Azeneth, fille de Putiphar, prêtre d'Héliopolis (3). Les grandes dimensions de la miséricorde ont permis à l'entailleur de donner à la scène du mariage un certain développement. Au milieu d'une salle lambrissée de panneaux à draperies plissées; le grand prêtre est debout. Il porte une longue barbe. Son costume est fort riche et fort curieux : tunique traînante, sur laquelle est une espèce de dalmatique plus courte, fendue, ornée de franges, serrée à la taille, ample manteau rattaché sur la poitrine par un fermail; sur la tête une espèce de mitre assez haute, dont les cornes, fortement évasées, sont placées à droite et à gauche. Il prend, pour les unir, les mains des deux époux qui se tiennent à sa droite et à sa gauche. Joseph, toujours imberbe, tête nue, vêtu de la robe de lin, la chaîne au cou, met un genou en terre: Aseneth porte la petite coiffe à la mode. d'Anne de Bretagne et une longue robe à larges manches fourrées dont une suivante tient la queue; elle a aussi une chaîne au cou et, de plus, une patenôtre à la ceinture. A droite du grand prêtre, trois hommes, parmi lesquels le pharaon, et, à sa gauche, quatre femmes, forment l'assistance. Il faut remarquer la variété des coiffures de ces femmes et leur grande richesse. La symétrie voulue dans l'arrangement des personnages contribue pour beaucoup à donner à l'ensemble une grande solennité.

(3) Gen., XLI, 45.